#Flashback | Derrière mes sourires…

J’ai parlé il y a quelques mois de ma meilleure année scolaire. Aujourd’hui j’ai envie de parler de la pire. C’était au collège, en classe de cinquième.

Je n’ai jamais fait parti de ces élèves populaires, ceux qu’on admire ou qu’on déteste, ceux qui lancent des modes, sont au coeur des groupes, sont entourés d’amis. Moi j’étais plutôt la petite à lunettes, assise au fond de la classe. Celle bien trop timide pour répondre aux questions des profs, bien trop introvertie pour faire quoi que ce soit. Je me contentais de suivre le mouvement, de me fondre dans la masse.

Cette année là, nous étions un groupe de 3. 3 copines. 3 filles. En termes d’amitié, le chiffre 3 n’est pas l’idéal. Et en terme d’amitié entre filles, le chiffre 3 c’est même le pire.

Au début tout se passe toujours bien et puis petit à petit il y en a toujours 2 contre une… peut être pas toujours mais la plupart du temps c’est comme ça. J’étais celle qui était contre les 2 autres. Non pas de ma propre volonté. Mais disons, que toute l’année, elles m’ont un peu utilisée, mise à l’écart, sont venues vers moi quand elles en avaient besoin, pour ensuite me rejeter et faire en sorte que personne d’autre ne s’approche trop de moi. J’étais trop timide (ou trop conne) pour dire quoi que ce soit. Je faisais de la gymnastique 3 fois par semaine avec l’une des 2 et elle avait fait en sorte que les autres filles de la gym ne me parlent pas non plus. J’étais seule à l’école, seule dans ma passion… isolée.

Je suis tombée dans une sorte de petite dépression. Je disais que tout allait bien, faisait comme si cela ne m’atteignait pas mais une fois rentrée chez moi, je m’effondrai. Je ne riais plus autant, je ne m’intéressais plus à rien. Ma mère a vu ma détresse et m’a aidé. Quand votre enfant fait des cauchemars toutes les nuits, se réveille en pleurant et insiste pour dormir avec vous à 12 ans… ça ne doit pas être anodin.

J’ai mis du temps mais j’ai fini par ouvrir les yeux, et oser me relever, relever la tête.

Et puis… je ne sais pas si j’étais vraiment stupide ou juste pas rancunière du tout, mais l’année d’après, en classe de quatrième, je me suis retrouvée dans la classe de l’une des deux. Nous avons mis les choses à plat, je lui ai avoué qu’elle m’avait fait du mal. Elle s’est excusée. Je suis passée à autre chose. Nous sommes redevenues amies. Quand à l’autre, elle n’était plus dans notre classe et avait d’autres amis mais elle faisait toujours de la gym avec moi. Nous avions changé toutes les deux, nous avions grandi, mûri. Notre amitié n’était plus ce qu’elle était mais je ne lui en voulais plus.

Je garde un souvenir amer, une boule au ventre en pensant à cette année de cinquième. Mais je n’ai pas de rancœur, parce que je me dis qu’avec leur méchanceté, elles ont forgé mon caractère.

Peut être que moi aussi quand j’étais enfant, j’ai pu blessée, faire du mal à d’autres, sans m’en rendre compte. Si c’est le cas, je m’en excuse parce que je sais tellement les conséquences que cela peut avoir.

Parce que parfois, derrière les sourires se cachent des torrents de larmes.

Compétition de gym – 1997 (pendant cette année de 5e)


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