#Book | Pourquoi j’ai commencé à écrire cette histoire ?

Certains diront que nous vivons un temps difficile, horrible, angoissant…

J’avoue que la situation actuelle peut être très anxiogène. J’avoue que rester enfermés à la maison avec des enfants, tout en télé-travaillant, sans voir famille, amis, collègues, cela peut être compliqué.

Mais ceux qui me lisent et ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que je suis une éternelle optimiste. Voir toujours le verre à moitié plein. Prendre la vie toujours du bon côté.

Cette pandémie, cette saleté de COVID-19 nous ralentit, nous bloque à la maison. Pour ma part, j’ai plutôt tendance à dire qu’elle nous oblige à revenir à l’essentiel.

Pour être tout à fait honnête avec vous, ce mois de Mars a très mal commencé pour moi, mais pas à cause du coronavirus. Pourtant c’est aussi une histoire de maladie et de poumons. Mais c’est ma maladie, la mucoviscidose, qui a fait des siennes.

C’était le 3 mars. Une complication. Petite mais sérieuse complication.

Cracher l’équivalent de plusieurs verres de sang (hemoptysie). Finir aux urgences un mardi soir. Enchaîner prise de sang, analyses en tout genre et scanner entre deux quintes de toux.

Verdict : une artère de mon poumon droit a beaucoup gonflé et il faut faire une embolisation (vulgairement, il faut aller boucher le trou quoi !). J’ai été en surveillance en service de réanimation toute une nuit et j’ai eu cette petite opération dès le lendemain matin.

Et tout s’est bien passé.

Au final, j’ai passé quatre jours à l’hôpital. Ce n’est rien. Mais je l’avoue aujourd’hui… oui j’ai eu peur. J’ai eu peur quand je me suis mise à cracher tout ce sang dans ma salle de bain. Je savais que ça aurait pu mettre en jeu mon pronostic vital. Mais rapidement, sans que je ne sache pourquoi, comme une intuition, une intime conviction, je savais que ça irait. Je savais qu’aussi grave que cela puisse être, qu’aussi vital que cela aurait pu être… je savais au fond de moi que tout se passerait bien.

Je n’ai rien caché à mes enfants. Sans rentrer dans les détails, je les ai appelé depuis l’hôpital car je n’ai pas voulu leur mentir en disant que j’étais parti pour le boulot. Ils se sont inquiétés c’est vrai mais ils ont vu que j’allais bien.

J’ai su quelques jours plus tard que c’était à cause d’une infection pulmonaire que mon artère a “pété” ! Me voilà parti pour un long traitement avec un médicament antifongique pour soigner tout ça. Le problème avec ma maladie c’est que c’est invisible et que même avec cette infection que j’ai apparemment depuis quelques mois, je suis arrivée à continuer ma vie normalement à un rythme effréné, sans perdre de capacité respiratoire…

Elle est traite ma muco. Elle me prend par surprise, elle me met à terre parfois mais je me relève. Je me relèverai toujours.

Le plus difficile dans tout ça, c’est surement quelques jours plus tard… mon grand s’est réveillé une nuit après un cauchemar et il m’a dit en pleurant : “j’ai cru que tu étais partie et que tu ne reviendrais plus !” J’ai mis du temps à le calmer. De longues minutes à le rassurer. Je lui ai promis que je me battrai toujours et que je serais toujours là, quoi qu’il arrive.

J’ai tendance à tenir mes promesses 😉

Une semaine après, je devais reprendre le boulot mais c’est tombé pile le jour où le confinement a commencé. Faire l’école à la maison. Essayer de travailler. Perdre patience. Chercher un système. Prendre le temps. Relativiser. Souffler ! pfffffiou

Au fond, moi qui vit à 2000 à l’heure, j’ai compris la leçon. J’ai compris qu’il fallait que je lève le pied, que je prenne soin de moi pour mieux pouvoir prendre soin des miens.

C’est bon, j’ai saisi le message. “Inspire. Expire. Respire à fond. Ralentit le rythme. Arrête de t’imposer une vie où tout va bien trop vite. Pause toi. Relève toi. Souffle !”

Alors oui, je suis obligée de rester à la maison. Non je ne sors même pas pour aller faire 2 courses ou passer à la pharmacie. J’ai la chance d’avoir un mari qui peut y aller pour moi. Je ne veux prendre aucun risque pour ne pas attraper ce virus qui ferait surement d’autres dégâts à mes poumons déjà bien abîmés.

Au milieu de ce mois de Mars bien chaotique, faire l’école à mes deux garçons m’a demandé une certaine organisation. Nous avons créé un planning ensemble pour se situer dans la journée, dans la semaine. Pour ne pas perdre le fil du temps.

Mais j’avais envie de faire plus.

Mon grand, qui est en CP, reçoit pas mal de devoirs de son maître d’école. Mon petit, qui est en moyenne section de maternelle, était très en demande et les mails reçus de la maîtresse avec les nombreuses idées d’activités ne lui suffisait plus. J’ai donc décidé d’écrire une histoire et d’y mettre un peu de moi dedans.

Pour tout vous dire, j’étais sous la douche, en train de réfléchir au programme du lendemain quand un petit personnage s’est imposé à moi.

Brice. Comme “Breathe” > Respire.

J’ai toujours aimé écrire mais j’avais perdu l’inspiration ces dernières années. J’avais perdu le temps aussi. Et puis cette histoire a germé dans mon esprit alors j’ai cherché la suite.

J’ai choisi un singe car c’est un animal si proche de nous, humains. Je lui ai donné ma maladie pour tenter d’expliquer à mes garçons à travers ce petit gorille, le combat du souffle. Je n’en suis qu’au début de l’histoire. Mais je vais essayer d’inventer des petits chapitres remplis d’aventures un peu loufoques ou farfelues. D’y mettre un peu de folie, sur fond de vérité.

Et à côté de ça, j’ai cherché, créé, piqué des idées d’activités adaptés à mes garçons (de l’écriture, des chiffres, des coloriages, des petits jeux,…).

Brice SILVER sera notre fil rouge pendant tout le confinement. Et j’espère qu’ils le garderont en eux bien plus longtemps.

Ceci-dit, hier, mon petit Tom est venu me voir pour me dire “Maman, tu peux me sortir la caisse des animaux (une énorme boite pleine de figurines d’animaux). Je veux jouer avec Brice et ses copains !”

Et là j’ai su que j’avais réussi à faire rentrer cette histoire un petit peu dans leur mémoire.

Un énorme merci à tout le personnel soignant, à toutes les personnes, ces héros, qui doivent continuer à bosser pour faire tourner notre pays.

A eux et à vous tous

Prenez soin de vous

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